Pourquoi est-ce que je n'ai pas réagi pendant l'agression ?
Si vous êtes resté(e) immobile pendant l'agression, c'est que votre corps a déclenché une réponse de survie automatique que l'on appelle la sidération. La sidération est un blocage soudain du corps et de la pensée : le système d'alarme juge le danger trop grand et coupe tout élan qui permettrait de bouger, de parler ou même de crier, avant toute décision consciente. En état de sidération lors d'une agression sexuelle, la personne peut rester figée, parfois sans voix, parfois comme absente d'elle-même.
Face à un danger, le corps dispose de trois réponses : combattre, fuir ou se figer. Ces trois réactions viennent d'une partie très ancienne du cerveau, qui va bien plus vite que la réflexion. Vous ne choisissez pas celle qui s'active. Elle se met en route en une fraction de seconde, selon ce que votre système d'alarme évalue comme la meilleure chance de survie pour vous.
J'entends souvent cette phrase : « J'aurais dû faire quelque chose. » Je comprends d'où elle vient. Pourtant, cette immobilité ne dit rien de votre courage ni de votre volonté. Elle montre un corps qui a fait, sans vous demander votre avis, ce qu'il pouvait faire de mieux pour vous protéger.
Si vous êtes en danger, la police est joignable au 117. Le 142 (aide aux victimes de violences) est gratuit, confidentiel et répond 24 h sur 24.
Est-ce que la sidération veut dire que j'étais d'accord ?
Non, bien sûr. La sidération lors d'une agression sexuelle ne dit rien d'un quelquonque accord ou consentement de votre part, et l'absence de résistance de votre corps ne veut évidemment pas dire que vous avez consenti à quoi que soit, bien au contraire. Consentir suppose d'être libre de dire oui ou non. Or, quand le corps reste fige, cette liberté a belle et bien disparu.
On appelle sidération l'arrêt brutal du corps et de la pensée face à un danger vécu comme trop grand. Les muscles ne répondent plus, aucun son, aucun cri ne sort de votre bouche, parfois on a l'impression d'être en dehors de soi, comme spectateur de la scène. Cette réaction ne se décide pas : elle se produit toute seule, sans que votre cerveau n'ait demandé votre avis.
Beaucoup de personnes que j'accueille en consultations se répètent la phrase suivante : « Je n'ai rien fait, donc j'ai laissé faire. » Je comprends d'où vient cette phrase, mais non et eencore non, ce corps figé n'a rien laissé faire : il a fait ce qu'il pouvait pour vous protéger. La honte et la culpabilité qui suivent sont fréquentes, mais elles ne disent rien de votre responsabilité.
Ce que vous faites de cette histoire vous appartient : en parler ou non, à qui et quand, porter plainte ou ne pas le faire. Personne n'a le droit de vous l'imposer, moi non plus.
Si vous êtes en danger, appelez le 117. Le 142 écoute gratuitement les victimes de violences, de façon confidentielle, 24 h sur 24. L'hypnose conversationnelle ne remplace ni un traitement médical ni un suivi psychiatrique.
Que laisse la sidération ensuite : honte, doute, souvenirs en morceaux ?
Après une sidération lors d'une agression sexuelle, on retrouve souvent les mêmes traces : une honte qui s'accroche, des doutes sur sa propre réaction, des souvenirs en morceaux, un corps qui reste en alerte et des nuits agitées. Ces traces ne sont pas un signe de faiblesse. Elles ont une logique, et je les rencontre régulièrement au cabinet.
La honte et le doute. Beaucoup de personnes se demandent pourquoi elles n'ont pas crié, pas fui, pas dit non. Le corps s'est figé, puis l'esprit cherche une raison à ce silence, parfois en se retournant contre soi. La honte naît souvent de cette question restée sans réponse.
Les souvenirs en morceaux. Pendant la sidération, le cerveau traite la situation comme une urgence. Il garde des images, des odeurs, des sensations, mais le fil du récit se perd. Cette mémoire fragmentée est une manière de se protéger. Elle ne remet pas en cause la réalité de ce que vous avez vécu.
Le corps en alerte et les nuits agitées. Un bruit, une odeur ou un geste peut relancer l'alarme : cœur qui s'emballe, ventre noué, sommeil léger, cauchemars, réveils en sursaut.
Ces traces décrivent ce que beaucoup de personnes traversent. Elles ne constituent pas un diagnostic, et l'hypnose conversationnelle ou le Rêve Éveillé Libre ne remplacent pas un suivi médical. Si vous cherchez des repères, la page Après des violences sexuelles explique comment j'accompagne ces situations, sans que vous ayez à raconter les faits.
En cas de danger, appelez le 117. Le 142, gratuit et confidentiel, écoute les victimes 24 h sur 24.
Comment être accompagné sans avoir à raconter ce qui s'est passé ?
Vous pouvez être accompagné sans raconter les faits : à mon cabinet de Palézieux-Gare comme en visio, je ne vous demande aucun récit détaillé. Après une sidération lors d'une agression sexuelle, je travaille avec les traces qu'elle laisse (corps en alerte, nuits courtes, cauchemars), pas avec la scène elle-même.
J'utilise trois approches qui se répondent :
L'hypnose conversationnelle est une manière de dialoguer qui aide le corps à baisser l'alarme et à retrouver le sommeil.
Le Rêve Éveillé Libre, dont je suis praticien certifié (ADREL), permet de travailler par les images qui surgissent, sans énoncer les faits.
Le travail sur le souffle et le corps, par les fascias, s'adresse aux tensions que la sidération a laissées. Le toucher vous est toujours proposé, jamais imposé, et uniquement au cabinet.
Je connais ce chemin de l'intérieur. Je ne promets aucun résultat, et ces approches ne remplacent ni un diagnostic ni un suivi médical ou psychiatrique. Si vous souhaitez voir si cela vous convient, l'appel découverte de 15 minutes est offert et sans engagement.
Si vous êtes en danger, appelez le 117. Le 142 écoute les victimes de violences (gratuit, confidentiel, 24 h sur 24), La Main Tendue répond au 143, et les urgences médicales sont joignables au 144.

